
Voici une coutume bien bulgare, parvenue des temps païens, avant l'adoption du christiansime en 9ème siècle et survecue tout au long de l'histoire bulgare.
Cette coutume est réservée aux hommes et elle consiste dans le déguisement en monstre. Les hommes revêtent d'épaisses fourrures de chèvre (ou mouton), portent une masque horrifique et ont une centure de cloches de bétail.
Les déguisements varient de région en région, tout comme la période durant laquelle la coutume se déroule. Dans certaines parties de la Bulgarie les Koukéri ressortent aux alentours du Nouvel An (et janvier) mais en général la plupart des Koukéri tiennent lieu en début de printemps.
Koukéri - le sens de la coutume

Les Koukéri sont ceux qui chassent les démons et les mauvais esprits à l'arrivée du printemps. L'essentiel de la manifestion se déroule sur la place centrale de la ville / village. Les hommes dansent lourdement en faisant un maximum de bruit avec leurs ceintures de cloches.
Dans la région de Strandja, les Koukéri portent également des sabres en bois avec lesquels ils frappent les passants dans le dos (pour chasser la mauvaise augure de la personne). Bien sûr, cela ne se passe pas forcément de pleine consentance et il peut arriver que toute la place se tranforme en terrain de chasse où les braves bulgares courent pour échapper aux autres braves bulgares, déguisés en Koukéri et qui les poursuivent en brandissant leurs sabres.
Les Masques des Koukéri
Les masques sont un réel plaisir à observer. Chaque masque est unique, fabriqué par son porteur. La plupart des masques représentent une construction en bois sur laquelle sont collés des morceaux de peaux de chèvre, de tissu, des morceaux de mirroirs. D'anciens masques representaient des animaux tels le taureau, le bélier, la chèvre. L'on pouvait aussi voir des hauts masques ornés de corbeaux empaillés, les ailes déployés.
Certains masques ont 2 visages - un gentil et un méchant. Ils symbolisent la nature controversée de l'homme.
Les couleurs prédominant sont le rouge (le soleil, le feu, le renouveau), le blanc (l'eau, la lumière) et le noir (la terre)
Le chameau
Dans certaines villages, dans la nuit du Nouvel An, tient lieu un rituel Koukéri particulier appelé "Chameaux"
Un "chameau" est fabriqué de 2 pièces de bois (seaule pleurant) longues de 1 à 1,5m, reliées dans leur bout par 2 batons droits. D'autres branches fines permettent à tisser une squellette approximative, recouverte ensuite avec de la bâche. La tête du "chameau" est recouverte de peau ou bien on se sert d'une fouine. Des cloches sont accrochées par devant et par derrière et le tout se couronne par l'ajout de la queue du "chameau". Le "chameau" ainsi fait est porté par un jeune homme, habillé comme le veut la tradition. Il doit être costaud pour pouvoir danser et aussi et vaincre éventuellement un autre "chameau", au hasard de la rencontre.

Chaque "chameau" à ses meneurs, qui font le tour des maisons. Ils sont masqués et portent un sabre en bois dans une main et une boule reliée sur une chaîne dans l'autre. Ils sursautent, se roulent par terre, aigusent le sabre sur la boule, lancent des blagues. Tous ses mouvements ont leur symbolisme - pour que le blé soit grand et lourd, pour récupérer la force de la terre, etc. Il est impératif qu'ils ne soient pas reconnus par les autres villageois, sinon le rituel ne prendra pas.
A un moment donné le "chameau" se couche par terre. Le meneur commence alors à aigusier son sabre et explique aux gens "Mon chameau vient de loin et ses pieds son abîmés, j'ai besoin d'argent pour les ferrer, autrement je dois lui trancher la tête". On amène alors un saussisson sec (en forme de fer à cheval) ainsi que de l'argent. Le meneur "ferre le chameau" en mettant la boule sur son pied et en tapant dessus avec le sabre. Mais le "chameau" ne se relève pas, il est tombé malade et il lui faut un médicament pour guérir. On apporte alors un bout de viande grillé. Le meneur frotte la tête et le corps de "l'animal" avec et le "chameau" se relève. Ce rituel symbolise la mort et la renaissance, l'hiver, en tant que fin d'un cycle et le printemps, en tant que renouveau.
Les maisons sont visitées durant la nuit uniquement. Le matin, tout le monde se retrouve sur la place - kolédari, "chameaux", meneurs, villageois et s'entame la vraie fête - danses, luttes entre les "chameaux", chasse au villageois, scènes comiques, etc.
Le mariage des Koukéri
Dans d'autres coins de la Bulgarie (Strandja) la fête Koukéri se termine par l'élection du Roi et de la Reine et l'organisation de leur mariage. Tout le monde se réuni autour de longues tables festives et un grand dîner populaire (en plein air) clos cette cérémonie.














