
Il est de monastères en Bulgarie, abandonnés depuis des décennies ou des siècles et dont l'emplacement n'est connu qu'aux passionnées d'histoire, ayant une âme d'explorateur. Tel est le monastère rupestre Alboutinski, dont les vestiges se situent entre les villages Rabrovo et Gradetz, dans la région de Vidin (près de la frontière avec la Serbie).
Pour y aller, il faut s'aventurer sur les petite routes au sud-ouest de Vidin. en 2003, l'emplacement du monastère n'était pas indiqué et s'arrêter par-ci par-la pour demander le bon chemin s'avère indispensable.
En revanche, la découverte se laisse savourer, tel un parcours d'aventure. Le monastère Alboutinski est bien caché sous et pour y accéder il vous faudra gravir le sentier, à peine visible, à travers de denses arbustes. L'on sait très peu sur l'histoire et les origines de ce monastère, pas plus que sur son nom dont aucune trace n'existe. Il se situe au dessus d'un lieu degagé de la petite vallée de la rivière Bouïnichko-Rébravska. Lieu appelé Albotin, héritier du nom d'un village médiéval déjà disparu et duquel l'on trouve trace dans les régistres ottomans de la région Vidin de l'an 1560, sous le nom Altovin.
Dans les hauteurs au dessus de ce lieu existe un massif rocheux. Le monastère rupestre Alboutinski y fut érigé, dans la partie nord, côté rivière, où il y avait des cavernes peu profondes et des corniches naturelles. Les moines y ont creusé des cellules, aménagé des murs et des façades. La première impression lorsqu'on découvre ses vestiges et de faire le rapport avec le monastère Aladja, tellement certaines images sont similaires. Les particularités de la roche ont obligé ses occupants à le construire tel les maillons d'une châine. Chaque cellule ou habitation avait sa sortie vers la grande terasse, recouverte jadis avec un abri. Elle était suspendu à 20-25 mètres au dessus de la rivière et ressemblait à un grand nid dans les rochers. L'église monastique se trouve dans la section intermédiaire du complexe, creusée dans la courbe la plus reculée du massif rocheux.
Les parties sud et sud-ouest de l'église sont entièrement détruites. Les vestiges de son nef ont révélé la présence de fresques, colonnes et corniches décoratives. Actuellement il n'en reste rien. Un espace dédié au baptème y fut découvert, ce qui signifie que le monastère Alboutinski fut un lieu fréquenté par les habitants de la région et n'était pas réservé à la seule vie de moines. Ainsi en témoignent les 29 tombeaux découverts, dans la plupart desquels reposaient des gens de la région, probablement ces donateurs. Des tombeaux isolés ou à l'écart correspondent à des sépultures des moines. La partie nord-ouest du monastère rupestre Alboutinski était construite sur un étage. S'y trouvait la seconde plus grande pièce après l'église, supposée être le réfectoire des moines. Aussi, elle devait servir en tant que salle d'accueil pour les pélerins qui se rendaient au monastère.
A l'Est de l'église se trouvent d'autres pièces, dont une grande et ensuite une suite de cellules de moines. L'impressionante terasse monastique fut détruite au fur et à mesure, après la disparition du monastère par les tailleurs de pierre. Il en reste donc pas grande chose. Les mêmes ont dértuit les murs de façade. Alors, lorsque vous pénétrez sur le site, vous marchez sur une manche étroite, sautillant entre 2 tombes creusées dans la roche. L'état général du monastère rupestre Alboutinski est désatreux. Mis à part les tailleurs de pierre, les chercheurs de trésors y sont passés à maintes reprises, des bergers en ont gardé des troupeaux, d'autres en ont allumé des feux... Cependant, l'oeil averti saurait encore apercevoir toute la richesse et originalité que possédait jadis ce monastère rupestre.
Comment accèder au monastère Alboutinski
En partant de Vidin ou Koula en direction de Gradetz, Rabrovo. Le monastère Alboutinski se trouve au dessus d'un lieu appelé Haïduuk tchechma. L'on peut se garer facilement sur le terrain vert en contre-bas. Quelques petits aménagements sur place comme quelques bancs, une fontaine à l'eau de source potable. Point de repère - une petite paroi blanche, érigée en 2003.














