Ca y est ! Fini le long processus de négociation, désormais c'est chose faite - la Bulgarie est entrée officiellement dans l'Union Européenne le 1er Janvier 2007.
Les Bulgares ont eu donc la double ocasion de fêter dans la nuit du 31 décembre / 1er janvier.
La ville de Sofia a organisé, comme d'habitude, une grande fête sur la place entre le Palais de Boris et le théâtre Ivan Vazov. La scène de concert était particulièrement belle et essentiellement folklorique. Des chants populaires, des joueurs de cornemuse des Rhodopes, des groupes de musique traditionnelle représentant chacune une partie de la Bulgarie, ses gens et ses valeurs.
Vive la Bulgarie ! Vive l'Europe !
A minuit, une explosion de couleurs et de feux d'artifices a plongé tout le centre-ville dans une féerie exceptionnelle. Les bâtiments officiels n'étaient plus reconnaissbles, illuminés en rouge, or, vert, bleu, les feux d'artifices tombaient tels des étoiles filantes... En quelques minutes Sofia s'est transformée en lieu magique, porté par la joie et l'exaltation du bonheur.
Dans les autres villes bulgares, la fête n'en était pas moindre. Tous les centr-villes étaient pris par des célébrations, concerts et de longs, très longs "horo" (cette danse dans laquelle tout le monde danse ensemble en se tenant la main, et qui peut former des files humaines de centaines de mètres).
A Razgrad, des cuves de vin on été sorties en centre-ville, au milieu de la fête, pour que tout le monde puisse lever son verre !
Une heure avant miniuit et une heure après, tout était plongé dans une énorme cannonade - des feux d'artifices, des tout petits pétards à ceux que vous pouvez facilement confondre avec une bombe... Les Bulgares disent en rigolant que le Nouvel An est comparable par son bruit à Kerbala en guerre (la ville irakienne où se situe le contingent bulgare). Jamais le ciel bulgare ne fut tellement illuminé dans la nuit de Nouvel An !
Le 1er Janvier 2007, la troupe française Malabar fera une traversée de Sofia, à bord d'un bateau, avec toute la fantaisie et demesure qu'on leur connaît!
Optimisme modéré

el presidente - Guéorgui Parvanov
Les Bulgares abordent l'entrée en Europe politique avec un optimisme modéré. D'une part les Bulgares sont très contents de revenir là, où ils ont toujours considérés comme ayant leur place de plein droit. La confusion de l'Europe politique et de l'Europe géographique, au détriment de cette dernière, déplaisait aux pays non-membres qui entendaient parler d'eux comme une sorte de "non-Europe", ce qui était fondementalement injuste.
Maintenant, lorsque cette injustice est réparée, les Bulgares regardent l'Europe comme un projet commun, dans lequel et pour lequel il faudra travailler beaucoup. Car personne ne se fait d'illusion quand aux différences qui existent entre les pays riches et les cousins pauvres de l'Union. Et personne n'attend des solutions miracles.
La France fait partie des pays de l'Union qui ont officiellement ouvert leur marché du travail aux Bulgares. Ce n'est pas pour autant que les Bulgares vont investir la vieille Europe en masse. Ils aiment bien voyager, visiter, voir, tout en restant fidèles à leurs terres et leur vie. Un Bulgare à l'étranger est un Bulgare déraciné. Tôt ou tard il finit par rentrer :)
Forte mobilisation pour les infirmères bulgares, prisonnières en Lybie
(depuis, les infirmères bulgares ont été libérées)
Les jours de fêtes étaient quelque peu troublés par l'absence de nos infirmières et le médecin bulgares, tenus en prison en Lybie avec une peine de mort doublement confirmée.
L'émotion fut d'autant plus forte en apprenant qu'elles n'ont pas pu recevoir le petit colis d'etrennes, envoyé de Bulgarie, à l'occasion de Noël.
Dans la nuit de Nouvel An tous les Bulgares portaient sur leurs vestes des petits drapeaux tricolores sur lesquels il était écrit "Nous ne vous avons pas oublié".
Les Bulgares sont tenus en prison depuis bientôt 8 ans, victimes d'une accusation leur imputant la contagion intentionnelle de plus de 450 enfants de l'hôpital de Bengazi avec le virus de sida.
Une accusation et un procès si absurdes et grotesques comme le sont le régime et la personnalité de Mouhammar Kadafi, le dirigeant lybien.
Le fait que la peine de mort n'est pas mis en application est pour l'instant dû à l'énorme mobilisation européenne et mondiale en leur soutien. La France est particulièrement investie, le ministre des affaires étrangères Douste-Blazy est intervenu directement à plusieurs reprises, tout comme le président de la république Jacques Chirac.


















